Tests d'humidité d'une dalle de béton : ASTM F2170 et ASTM F1869

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Par Équipe technique Nortex ÉpoxyApplicateurs de revêtements de résine, Québec et Rive-Sud

Deux méthodes normalisées répondent à la même question : cette dalle est-elle assez sèche pour recevoir un revêtement? Elles ne mesurent pas la même chose et elles ne se remplacent pas.

L'ASTM F2170 mesure l'humidité relative à l'intérieur de la dalle avec des sondes insérées à 40 % de l'épaisseur, avec 24 heures d'équilibrage; la limite usuelle est 75 %. L'ASTM F1869 mesure l'émission de vapeur en surface avec du chlorure de calcium sur 60 à 72 heures; la limite usuelle est 3 lb par 1000 pi² par 24 heures.

Pourquoi une dalle sèche au toucher ne l'est pas

Le béton met environ 30 jours par pouce d'épaisseur à sécher dans des conditions intérieures normales, et ce délai suppose un local chauffé et ventilé. Une dalle de 4 pouces coulée à l'automne dans un bâtiment non fermé peut donc rester au-dessus des seuils tout l'hiver suivant, même si sa surface paraît parfaitement sèche.

S'ajoute le cas le plus fréquent au Québec : la dalle sur sol sans pare-vapeur sous le béton. Elle ne sèche jamais complètement, parce que le sol lui fournit de l'humidité en continu. Aucun délai d'attente ne réglera ce cas; seule une mesure dit ce qui est possible.

ASTM F2170 : l'humidité relative dans la masse

La méthode consiste à percer des trous, y insérer des manchons puis des sondes d'humidité relative, et lire la valeur après stabilisation. La profondeur n'est pas arbitraire : 40 % de l'épaisseur de la dalle si elle sèche d'un seul côté, 20 % si elle sèche par les deux faces. À cette profondeur, la lecture représente l'humidité qui remontera vers le revêtement une fois la surface scellée.

L'équilibrage minimal est de 24 heures après l'installation du manchon. Ce délai laisse le microclimat du trou rejoindre celui du béton environnant; une lecture prise après une heure sous-estime systématiquement le résultat. Le local doit aussi être aux conditions de service, en température et en humidité, depuis au moins 48 heures.

Nombre de sondes selon la superficie (ASTM F2170)
Superficie de la dalleNombre minimal de sondes
Jusqu'à 1 000 pi²3 sondes
1 000 pi² à 2 000 pi²4 sondes
2 000 pi² à 3 000 pi²5 sondes
Chaque tranche de 1 000 pi² supplémentaire1 sonde de plus
Les sondes se placent aux endroits les plus susceptibles d'être humides : centre de la dalle, périmètre, sous les fenêtres, près des drains et des murs extérieurs.

ASTM F1869 : l'émission de vapeur en surface

Le test au chlorure de calcium anhydre mesure la masse d'eau captée par un sel hygroscopique placé sous une cloche scellée pendant 60 à 72 heures. Le résultat s'exprime en livres d'eau par 1000 pi² par 24 heures, et le seuil usuel des fabricants de résine est de 3 lb.

Le protocole exige de retirer tout revêtement et de meuler légèrement la zone d'essai 24 heures avant, puis d'acclimater le local 48 heures aux conditions de service. La densité minimale est de trois essais pour les 1 000 premiers pieds carrés, puis un essai par tranche de 1 000 pi² additionnelle.

Cette méthode ne voit que les quelques millimètres supérieurs de la dalle. Une dalle scellée en surface peut donner un bon résultat au F1869 tout en affichant 90 % au F2170. C'est pourquoi les deux se pratiquent ensemble sur les projets à enjeu, et c'est le résultat le plus défavorable qui commande la décision.

Comparer les deux méthodes

Résumé des différences opérationnelles :

ASTM F2170 et ASTM F1869 côte à côte
CritèreASTM F2170ASTM F1869
Ce qui est mesuréHumidité relative dans la masseDébit de vapeur en surface
Seuil usuel75 % HR3 lb / 1000 pi² / 24 h
Profondeur40 % de l'épaisseur (20 % si séchage bilatéral)Surface seulement
Durée24 h d'équilibrage minimum60 à 72 h d'exposition
Acclimatation du local48 h aux conditions de service48 h aux conditions de service
Densité minimale3 sondes / 1000 pi², +1 par tranche3 essais / 1000 pi², +1 par tranche

Ce que le test coûte, ce que la reprise coûte

Un test d'humidité représente quelques heures de travail, des consommables à usage unique et un retour sur place pour la lecture. C'est une ligne modeste dans une soumission, et elle est chiffrée à la visite selon la superficie et le nombre de points requis.

Une reprise, elle, se compte autrement : retrait mécanique complet du revêtement décollé, nouveau meulage, remise à niveau, application d'une barrière d'humidité, puis refaire le système au complet. Le local est immobilisé une seconde fois, et le premier montant est perdu. Le rapport entre les deux dépasses largement l'ordre de grandeur.

Nous ne publions pas de tarif de test en ligne parce que le nombre de sondes dépend de la superficie et de la configuration de la dalle. Le montant apparaît sur la soumission, avant les travaux, jamais après.

Quand les tests sont vraiment nécessaires

Toutes les dalles n'exigent pas la procédure complète. Nous la déclenchons dans les situations suivantes :

  • Dalle sur sol sans pare-vapeur documenté sous le béton
  • Dalle de moins de 90 jours, quelle que soit son apparence
  • Sous-sol, vide sanitaire ou local partiellement enterré
  • Traces d'efflorescence, taches sombres persistantes ou remontées de sel
  • Revêtement précédent qui a déjà décollé ou cloqué
  • Projet commercial ou industriel où une reprise arrêterait l'exploitation

Ce que les résultats changent concrètement

Sous 75 % HR et sous 3 lb, le système prévu s'applique tel quel. Entre 75 % et 90 % HR, on ajoute une barrière d'humidité en résine époxydique conçue pour ces conditions, appliquée directement sur le béton meulé, puis le système par-dessus. Au-delà, le projet est reporté ou l'on change d'approche : béton poli, revêtement perméable à la vapeur, ou correction de la source d'humidité en premier.

Une mesure documentée protège aussi le client : elle indique noir sur blanc l'état de la dalle au moment des travaux, et c'est ce document qui rend une garantie applicable.

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